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ORDRE DU JOUR

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Ordre du jour du Général Arlabosse, Commandant la 11° Division d'infanterie. (25 juin 1940).

C'est cette division qui participa aux violents combats dans le secteur d'Ormoy-Villers.

  OFFICIERS, SOUS-OFFICIERS ET SOLDATS DE LA 11° DIVISION

           La France vaincue dépose aujourd’hui les armes. La Division de fer peut garder le front haut. Les siennes ont été, jusqu’au bout, portées avec honneur et n’auront pas été rendues à l’ennemi.

           Dans le désastre qui atteint la Patrie et devant lequel nos cœurs se serrent d’angoisse et de rage, chacun de nous doit réfléchir et puiser des leçons pour l’avenir. Sur le front, nous avons, çà et là, les uns ou les autres, assisté à des défaillances. A l’arrière, nous avons vu trop de gens se désintéresser de la lutte, comme si la guerre actuelle pouvait comporter des non-combattants. Trop de Français avaient oublié que « vaincre ou mourir » était la devise des ancêtres et les fils des poilus de Verdun n’ont pas toujours été dignes des pères . C’est à tout cela qu’il faudra songer demain pour élever nos fils.

           Mais nous avons le droit d’être fier de notre Division. En septembre 1939, dans l’offensive qui nous a portés au Nord de la Blies ; au printemps 1940, dans la défensive qui nous a été imposée sur le front de la Sarre ; au mois de juin, au cours des 400 kilomètres de retraite des rives de l’Aisne à celles de la Creuse, nos fantassins, au prix des plus dures fatigues, ont courageusement et stoïquement fait leur devoir. Jamais l’infanterie de la 11° Division n’a abandonné une position sans en avoir reçu l’ordre et le 12 mai, devant Forbach, nous avons pu voir ses avant-postes se sacrifier jusqu’à la mort sous le plus violent bombardement, parce qu’ils avaient l’ordre de tenir.

           Notre groupe de reconnaissance a fait honneur à la cavalerie française. Toujours sur la brèche, restant le dernier au contact de l’ennemi pour couvrir la division, poussant leur exploration avec ardeur et initiative, allant toujours au-delà de sa mission, ne ménageant ni sa peine ni son sang. Nous l’avons vu tenir à Rossbrück sous le canon ennemi et se sacrifier en forêt de Retz au profit d’une division voisine, la 87°, dont le flanc était menacé.

           Notre Artillerie est restée magnifique jusqu’au bout et se retrouve au complet avec ses canons et ses munitions. Partout où elle a été engagée, en particulier au cours de la manœuvre en retraite sur l’Aisne, la rapidité de son intervention, l’audace des batteries avancées, la précision et l’abondance de ses tirs lui ont valu l’admiration et la confiance totale de l’infanterie.

           Le Génie, employé sans répit et souvent isolé, des chantiers de la ligne Maginot aux points d’appui de l’Aisne, et qui a réussi à faire sauter 21 ponts devant l’ennemi, a toujours courageusement fait son devoir.

           Et tous nos services, dont le rôle devenait de plus en plus difficile au cours de la retraite, ont su rivaliser de zèle et d’ardeur pour servir la Division.

           Nous avons pratiqué dans toute la mesure de nos forces le grand devoir de la solidarité au combat en contre-attaquant le 9 juin devant Croutoy pour sauver le 170° menacé d’encerclement, et le 11 juin à Rosières pour dégager les éléments de l’Armée de Paris. Le 21 juin, tous nos corps et services ont unanimement donné la mesure de leur camaraderie en portant tous leurs moyens de transport au service du 26° menacé d’encerclement au sud de Graçay.

           A l’heure ou sonne l’Armistice, notre Division est intacte. Elle a ramené avec ordre et discipline, dans les rangs de la VII° Armée, où elle a été heureuse de se retrouver sous les ordres de son ancien chef, le Général FRERE, presque tous ses effectifs, son matériel, ses munitions. Je ne crois pas qu’il y ait une autre Division qui puisse en dire autant.

           Voilà pour le passé. Vous avez le droit d’en être fiers. Demain, sans doute, nous serons séparés, démobilisés, rendus à la vie civile, chargés d’angoisse et d’incertitude sur le sort de la France. Rappelez-vous que l’Histoire nous apprend que les grands empires se désagrègent et que l’Europe a toujours eu besoin de la France.

           Soldat de la Division de Fer, qui resterez ma fierté, prenez aujourd’hui pour la dernière fois le mots d’ordre de votre Général : TRAVAILLER – NE JAMAIS DESESPERER DE LA VIE – GARDER CONFIANCE DANS LA FRANCE.

                                                                                              P.C. le 25 juin 1940

                                                                                              Le Général ARLABOSSE

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